Episode3:
Présentation.
1975, New York, est une ville terne, proche de la banqueroute. Londres, de sont côté ne va guère mieux. De part et d’autre de l’Atlantique, des groupes de jeunes musiciens cherchent à se
reconnecter avec les fondamentaux du rock, le côté brute de décoffrage, simple et entier, c’est le Punk.
Le Punk est pendant un temps un dialogue entre ces deux villes, la capitale anglaise copiant le style et l’attitude de new-yorkais tel Patti Smith et s’inspirant du son minimaliste des Ramones.
Jusqu’à ce que les groupes Londoniens comme les Clash ou les Sex Pistols trouvent leur son, un Punk britannique bien à eux. Ils y racontent, avec l’accent des banlieues de Londres, ce qu’ils
vivent, avec le langage de la rue, avec passion et sincérité. Les Sex Pistols développent une musique d’opposition et de pure colère.
Ce que les deux villes veulent en commun, c’est que le Punk soit une musique d’affranchissement. La musique de ceux qui font et deviennent ce que bon leur semble. C’est la troisième ère du
rock.
Les Ramones :
1974 un groupe de jeunes types du Queens, New York, font fureur au CBGBs, ce sont les Ramones. Les membres fondateurs Joey Ramone, Johnny Ramone et Dee Dee
Ramone porte le pseudo Ramone en référence au premier nom de scène de Paul McCartney, Paul Ramone. Jeans, blousons en cuir, cheveux noirs et longs, leur musique est tel un courant
électrique. Une musique dans l’instant, « sans solos interminables, le type de chanson à la Beck ou à la Hendrix, où il faut s’exercer pendant 20 ans pour pouvoir jouer le morceau
» dixit Johny Ramone.
« La première fois que j’ai vu les Ramones jouer, ils ont fait 16 chansons en 12 minutes, ou bien était-ce 12 chansons en 16 minutes…
»
Bob Gruen Photograph
Tamas Erdelyi, alias Tommy Ramone, le reconnait volontiers, les Ramones veulent un résultat immédiat, « pas de temps à perdre les gens attendent. »
Johny Ramone créé le son Ramones, pas de solos, des riffs rapides, étourdissants, tout en barrés :
« Le truc avec Johny est que, puisqu’il n’allait pas vers la virtuosité traditionnelle, il a développé sa propre virtuosité, et cette virtuosité était de gratter les cordes vers le bas très
rapidement. » T Erdelyi.
Les Ramones veulent éviter la musique guimauve « bubble gum » et jettent dans leurs chansons leurs sentiments de mal être, d’insécurité, de raz le bol du chaos, d’agacement. Ce sont plus des
idées imprécises, du domaine du ressenti qui sont exprimées plutôt que des attaques ciblées contre le gouvernement ou les institutions à la différence de ce que font les groupes Londoniens comme
les Clash.
Les Ramones enregistrent leur premier album dans un studio du Radio City Music Hall. Le single "Blitzkrieg Bop " (blitzkrieg: guerre éclair) contient
l’emblématique cri de ralliement des Ramones « Hey! Ho! Lets Go! »
Les Sex Pistols :
Le lancement des Sex Pistols remonte à 1975. Les membres fondateurs du groupe sont alors à la recherche d’un chanteur. John Lydon, alias Johny Rotten, se fait
repérer par Steve Jones, un des membres fondateurs, alors qu’il est de passage au « Sex ». Le Sex est une boutique fétichiste de Malcom McLaren, manager new-yorkais
émigré à Londres en 1971. Lydon auditionne sur place en singeant Alice Cooper sur la musique du jukebox. Il porte un T-Shirt portant l’inscription « I hate Pink Floyd
», ses cheveux sont teints en vert, il est incapable de chanter mais il aime ça et y met ses tripes. Chance ou non, les membres du groupe lui trouve un truc et le prennent dans la
formation. Le surnom Rotten - pourri - lui est donné en regard de l’état de ses dents.
Pour l’histoire, le « I hate Pink Floyd » était plus une provocation ; Lydon le reconnait, il était plutôt fan des Floyds.
Les Pistols placent leur QG à Danemark Street, dans un quartier tendance de Londres. Ils se perfectionnent sur des reprises de classiques rock tels «Substitute » des
Who.
En 1976, ils font leurs premiers concerts, qui ressemblent plus à des séances de confrontation avec le publique, où ils jouent sous les huées et apprennent à occuper la scène. Il reste aux
Pistols à écrire leurs premiers titres et à trouver leur style. Dans ce but, leur manager, McLaren, leur présente le groupe new yorkais Television.
Television :
Television, est formé par Tom Verlaine et Richard Lloyd. Les groupe se fixe pour objectif de faire des
chansons « physiques, jouées fort et intenses » faites de dissonances, d’arpèges joués à l’envers, quitte à les rendre déplaisantes à écouter. Mc Laren a été marqué par l’allure de Lloyd avec ses
vêtements en morceaux, ses lunettes noires et ses leurs cheveux coupés courts. Il y voit un style pour les Pistols.
Patti Smith :
La chanteuse new yorkaise Patti Smith est l’autre influence marquante de 1976. Le groupe est remarquable par la qualité des textes et surtout par le talent d’interprète de la chanteuse à la
fois rockeuse, rappeuse - en son temps - et poétesse.
Le premier album de Patti Smith est enregistré dans aux studios de Greenwich Village immortalisé par l’album Electric Lady Land de Jimmy Hendrix. John Cale de Velvet Underground produit le
disque.
Sur l’album, le groupe Patti Smith reprend le classique des 60ies de Van Morrison, « Gloria ». Leur version Punk s’ouvre et se clôture sur les mots célèbres de Smith
"Jesus died for somebody's sins ... but not mine." représentation parfaite de l’esprit Punk du moment.
La chanson "Horses", cœur de l’album, se joue juste sur trois accords, sortes de pulsations très malléables permettant de modifier le rythme à loisir et de faire
voyager la chanson ou bon semble au musiciens.
La couverture de l’album est inhabituelle pour l’époque. Il montre une Patti Smith androgyne, très mince, habillée en homme.
L’attitude Punk de Patti Smith, sa façon de dire les mots et sa passion sont une révélation pour les groupes anglais. En Mai 1976, le groupe est à Londres pour enregistrer une session live
pour la BBC. Il joue au Roundhouse à guichet fermé deux jours de suite. Le groupe passe voir les Sex Pistols dans leur repère du
Club100. Johny Rotten les y reçoit vertement en les qualifiant d’emblé de hippies avec leur chanson « Horses ».
Le fait est que les groupes anglais se démarquent vite des groupes U.S. Les anglais sont plus jeunes, ont moins de théorie artistique, ils développent une véritable rage des
classes.
Eté 1976, Explosion des groupes anglais :
Les Sex Pistols, vont au studio de Granada TV à Manchester, pour leur première apparition télévisuelle. Ils interprètent « Anarchy in the
UK » Les paroles sont l’expression brutale de la rage du jeune groupe et sont un choc pour l’audience. « I am an antechrist, Iam an
anarchist… » Cette fois, en passant par le petit écran, la musique du groupe ne vise plus l’univers restreint des clubs londoniens mais tous le pays.
1976 est l’année de l’explosion des groupes Punk en Angleterre. C’est le « U.K Summer of Punk ». Le Punk est fait avec des moyens minimalistes, par des débrouillards. Cette accessibilité de la
musique favorise son développement. On voit apparaitre de nombreux groupes tels The Damned de Biran James qui partiront en tournés avec les Pistols.
D’autres musiciens débrouillards, The Buzzcocks réalisent leur premier album pour 500 £ pas plus, et enregistrent en une demi-heure. Le solo de guitare du titre «
Boredom » est on ne peut plus minimaliste et Punk, deux notes jouées en boucles! La vitesse de production des Buzzcock prend écho dans ce que font les Ramones de
l’autre côté de l’atlantique.
Les Clash eux aussi prennent leur inspiration musicale dans les Ramones, mais apportent un autre degré dans le contenu du texte. Ils font un punk de protestation, marqué par une conscience
politique. Leurs chansons sont celles du vécu. Ils écrivent « White Riots » après que l’un des membres du groupe se soit fait matraquer par les forces de
l’ordre au Carnaval de Notting Hill.
La fin des Pistols
Décembre 1976, les Sex Pistols sont invités à l’émission Today sur la Thames Television. Les dernières secondes de l’émission approchant, l’interviewer les pousse dans leurs retranchements en
leur demandant de dire des grossièretés. Steve Jones, en réponses le qualifie ainsi : "you dirty fucker . . . what a dirty fucking bastard". L’émission bien que diffusée régionalement fait la une
de la presse pendant plusieurs jours et est un désastre pour la popularité du groupe.
La tournée en Angleterre que les Sex Pistols doivent faire avec les Clash est désormais compromise, et, face à l’opposition de la population le nombre de dates se réduit à une poignée.
En 1977, Glen Matlock quitte le groupe. Il est remplacé par Sid Vicious. Ce dernier bien que très bon sur les photos, est incapable de
jouer live. C’est la fin des concerts du groupe.
“Never Mind the Bollocks, Here's the Sex Pistols” est enregistré de Mars à Juin 1977. Glen Matlock vient jouer les partitions de basse pour combler les lacunes de Sid
Vicious qui heureusement, est absent une bonne partie du temps pour cause d’hépatite. Le reste du temps on s’arrange pour noyer son instrument dans le fond sonore.
Le 22 mai 1977 « God Save the Queen » est le dernier single du groupe à sortir, à grands renforts de marketing. Bien que non adressé à la reine directement mais
plutôt à toute la déférence accordée à la royauté, le groupe se met tout le pays à dos, les radios boycottent le titre.
En 1978, les Pistols poursuivis par à leur problèmes sans fin en Angleterre, tentent l’aventure américaine, mais ce sont les U.S qui auront raison d’eux. Vicious, accro à l’héroïne est pris dans
diverses histoires de bagarres. Son comportement dégoute le groupe. Rotten est atteint de la grippe et a du mal à tenir le rythme sur scène. Le 14 janvier 1978, ils jouent à San Fransisco pour la
dernière fois. Ils reprennent « No Fun » des Stooges à la demande du public. Ce « No Fun » est à prendre au sens propre pour le groupe
qui est au bord de la rupture.
« That’s no fun, no fun at all » lance un Lydon blasé, au public américain.
Après la séparation du groupe, Johny Rotten ayant repris le nom de John Lydon continu sa carrière avec son nouveau groupe, Public Image Ltd – PiL – avec lequel il
explore d’autre univers musicaux, voir le titre « Poptones ».
Evolution du Punk:
Septembre 1978, Du côté des Buzzcocks, Pete Shelley donne une nouvelle orientation au groupe après le départ d’Howard Devoto. Il met l’accent sur la mélodie et écrit
le parfait tube pop loin des standards punk du moment. « Ever Fallen In Love ».
Les Clash eux cherchent de nouvelles sources d’inspirations. Ils conservent leur message politique mais habillent leurs mélodies de tonalités reggae et rockabilly. A
travers leur album « London Calling », ils prouvent que Punk peut sortir des ses clichés et s’ouvrir à d’autres influences voir devenir « main stream ».
La prochaine partie de 7 Ages of Rock traite du Heavy Metal.
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||