Les 50ies, années oubliées.
La BBC a choisi le parti de faire abstraction des 50ies et de toute la période « pre-rock’n’roll » américaine. Peut être est-ce-du au
fait que le rock est alors encore difficilement distinguable du rhythm’n’blues. Le terme rockabilly designe dans les 50ies, un croisement entre rhythm’n’blues et musique country, dont Elvis
Prestley et Bill Halley sont les représentants. Le mouvement rock va s’essouffler à la fin des années 50 aux U.S. et BBC, chaine anglaise, a bizarrement choisit de commencer dans le années 60. Ce
qui laisse bon nombre d’artistes rock américains sur la touche, Buddy Holly, Chuck Berry, Gene Vincent etc…
De gauche à droite: Buddy Holly,
Gene Vincent, Chuck Berry, Bill Halley
BUDDY HOLLY & the Crickets:Peggy Sue
Episode1:
Présentation.
Les sixties sont donc présentés par la BBC comme la période de la naissance véritable du rock. Le moment ou cette musique s’est démarquée de ses racines blues et folk. Jimmy Hendrix fut l’un des
principaux instigateurs de cette révolution. Le documentaire prend le parti de suivre son parcours.
Hendrix, ex-guitariste de blues, guitariste gaucher autodidacte jouant sur une guitare de droitier reversée, a complètement redéfini le son de la guitare. Il a forgé, avec ses contemporains le
son rock tel que nous le connaissons. L’autoproclamé « Voodoo Child » enfant vaudou, a marqué tout le rock des années 60. L’un des intervenants du documentaire « the 7 ages of
rock » a cette belle expression « on entend l’assassinat de Martin Luther King dans la musique de Hendrix, on entend les bombes tombant sur le Vietnam et résonnant dans les têtes d’une
génération entière sous L.S.D, dans sa musique ». Hendrix deviendra lui-même une victime du côté sombre des 60ies. Son décès marquera symboliquement la fin de cette première ère du rock.
Un musicien de génie:
Né à Seattle en 42, Jimmy Hendrix commence la guitare à 12 ans et apprend le blues. Pour échapper à une peine de prison pour avoir conduit une Cadillac volée, il s’engage dans l’armée. C’est à cette période qu’il découvre le rhythm’n’blues sur guitare électriques dont les figures de proue du moment sont B.B. King ou encore Muddy Waters. En 1962, il doit quitter l’armée après que l’on eut découvert qu’il dormait avec sa guitare. Le jeune Hendrix devient musicien de rhythm’n’blues et écume les routes du réseau musical black américain de RnB. Un univers méconnu des blancs à cette époque. Il devient musicien pour de nombreux artistes tels Ike Turner et Little Richard « Tutti Frutti, Lucy ». C’est en accompagnant de ce même Little Richard que Hendrix décide de prendre confiance en lui et de faire à la guitare ce que Richard fait en chantant : une véritable explosion musicale.
De gauche à droite, la tenue de guitare particulère de Hendrix et Hendrix photographié avec son album de Bob Dylan
Les Who sont également un des groupes incontournables de cette période. Leur rock est très énergique, il va plus dans la démonstration, dans la rébellion. Alors que les Stones jouent encore assis sur des tabourets les Who cassent leurs guitares sur scène. Quand plus tard, Hendrix brulera sa guitare à Monterey, il aura certainement été inspiré par les démonstrations destructrices des Who. (Ci dessous Les Who jouat My Generation)
Hendrix révélé:
Mi-1966, Hendrix joue au Café Wha à Greenwich Village. Ses talents de guitariste se font remarquer. Chas Chandler le bassiste des Animals remarque Hendrix. A cette période les Animals recherchent
quelqu’un pour faire une reprise de Hey Joe et c’est précisément cette chanson que Hendrix joue au Café. Chandler l’invitent à Londres. Hendrix accepte à l’unique condition d’y rencontrer Beck et
Clapton.
Septembre 1966, lorsqu’Hendrix arrive à Londres, Cream - Eric Clapton, Jack Bruce, Ginger Baker - est le groupe du moment. Composés de musiciens de renom, le groupe de fait une spécialité de
faire des improvisations et de jouer des morceaux de plusieurs dizaines de minutes. Clapton et son groupe sont le summum des musiciens du moment et c’est avec ces musiciens que Hendrix va
demander de jouer. Il joue « Killing Floor » avec les dents, avec la guitare dans le dos, multiplie les effets, tremolos, feedback… Clapton est bluffé, ses mains en tremblent, le
maitre a trouvé son maitre.
Roger Daltrey des Who était sur place ce jour là également et lui non plus n’en est pas revenu. Jeff Beck guitariste des Yardbirds fut lui aussi bluffé par les prouesses de Hendrix, par son
explosivité et le côté imprévisible de son jeu. Il reconnait lui-même dans le documentaire être incapable de faire de ce qu’Hendrix fit lors de son arrivé à Londres.
« Jouer la ligne de basse en picking avec le pousse, la mélodie avec le petit doigt, le rythme avec les autre doigts. Un groupe entier sur une guitare. »
Heither Altham journaliste.
Chas Chandler présente deux musiciens à Jimmy Hendrix, Noel Redding bassiste et Mitch Mitchell, batteur. C’est le début du Jimmy Hendrix Experience. En Décembre 1966, Hey Joe, joué, quelques mois
avant, devant un petit groupe de personne, entre dans les charts anglais. C’est le point de départ de la carrière fulgurante d’Hendrix.
En 1967, Hendrix joue au « Summer of Love » en Angleterre, si le dandy psychédélique du « Flower Power » est adoré en Grande Bretagne, il lui reste à se faire connaitre
en Amérique, ce qu’il fait au festival de Monterey.
Il joue là bas en même temps que les Who. Les deux groupes veulent passer en premier. Après tirage au sort, les Who sont les premiers à passer. Ils déchainent leur furie sur scène. D’après Pete
Townshend - membre des Who - seul Hendrix était apte à tenir le niveau juste après. Il reprend « Like A Rolling Stone » de Dylan, avec sont inimitable jeu de guitare et
assomme littéralement l’audience de Monterey. Le deuxième moment marquant sera sont interprétation de Wild Thing, guitare dans le dos, sous les hurlements de la foule. Il terminera son show
en brûlant sa guitare sur scène.
Les Beatles une influence majeur:
Mais Hendrix est toujours à la recherché d’une nouvelle source d’inspiration. Il la trouvera en 1967 dans le « Sergent Pepper Lonely Heart Club Band » des Beatles. Après une tournée en
1966 les Beatles se réfugient dans les studios d’EMI à Abbey Road. Dans un studio à la limite de l’obsolescence, ils développent un rock psychédélique des plus élaborés, fruit une véritable
recherche sonore. Une parfaite représentation de l’époque.
« Des guitares sonnant comme des pianos, des pianos ressemblant à des guitares… » Geoff Emerich engineer.
Le lendemain de la sortie de Sergent Pepper, Hendrix annonce backstage à son groupe qu’ils vont démarrer leur concert en reprenant Sergent Pepper… comble de l’audace certains membres de
Beatles dans le public, BBC ne précise pas lesquels. Hendrix au travers de Sergent Pepper découvre tout le potentiel de l’enregistrement en studio et en 1968 il commence l’enregistrement
d’Electric Lady Land. Il y inclut et sublime « All Along the Watchover », une reprise, à nouveau, de Bob Dylan.
La fin d’un âge:
Mais l’année 1968 marque aussi le début de la chute d’Hendrix. Sous l’emprise de la drogue, il devient incapable de se concentrer sur sa musique, les séances d’enregistrement sont sans fin. Aout 1969, au festival de Woodstock, Hendrix fit l’histoire en jouant sa version de « The Star Spangled Banner » l’hymne U.S devant une foule prise dans la boue. Il sort de scène épuisé. Sa dernière, apparition sera en Angleterre, pour un concert à l’île de Wight. Assommé par d’importantes doses de L.S.D, il sous performe. Le 18 Septembre 1970, après Jim Morrison et Janis Joplin, Jimmy Hendrix décède par overdose, dans sa chambre d’hôtel de Notting Hill. Il avait 27 ans.
La société s’est durcit, les promesses du mouvement hippie se sont éteintes, les U.S s’embourbent au Vietnam, les soulèvements pour les droits civils font rage, en France les tensions politique
sont omniprésentes. Les Stones ont bien sentit cette tendance vers une société plus noire et en réponse, ils ont su créer une musique plus dure, plus sombre « Gimme Shelter ». Les gens
cherchent des messages cachés dans les chansons, les Stones leur livrent ce qu’ils cherchent sur un plateau « Sympathy for the Devil ». En Décembre 1969, au festival d’Altamont,
un des fans des Stones se fait poignarder à mort par un membre des Hell Angel le groupe alors en charge de la sécurité. Altamont devait offrir une réplique, 4 mois plus tard, du festival de
Woodstock, mais à Altamont, l’esprit libre et pacifique des 60ies était bien mort. Une nouvelle ère du rock s’ouvre, vers un rock plus noir, plus conceptualisé, c’est le sujet du deuxième épisode
de the 7 Ages of Rock.
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