Mardi 21 août 2007

Episode3:
Présentation.

1975, New York, est une ville terne, proche de la banqueroute. Londres, de sont côté ne va guère mieux. De part et d’autre de l’Atlantique, des groupes de jeunes musiciens cherchent à se reconnecter avec les fondamentaux du rock, le côté brute de décoffrage, simple et entier, c’est le Punk.


Le Punk est pendant un temps un dialogue entre ces deux villes, la capitale anglaise copiant le style et l’attitude de new-yorkais tel Patti Smith et s’inspirant du son minimaliste des Ramones. Jusqu’à ce que les groupes Londoniens comme les Clash ou les Sex Pistols trouvent leur son, un Punk britannique bien à eux. Ils y racontent, avec l’accent des banlieues de Londres, ce qu’ils vivent, avec le langage de la rue, avec passion et sincérité. Les Sex Pistols développent une musique d’opposition et de pure colère.


Ce que les deux villes veulent en commun, c’est que le Punk soit une musique d’affranchissement. La musique de ceux qui font et deviennent ce que bon leur semble. C’est la troisième ère du rock.

Les Ramones :

1974 un groupe de jeunes types du Queens, New York, font fureur au CBGBs, ce sont les Ramones. Les membres fondateurs Joey Ramone, Johnny Ramone et Dee Dee Ramone porte le pseudo Ramone en référence au premier nom de scène de Paul McCartney, Paul Ramone. Jeans, blousons en cuir, cheveux noirs et longs, leur musique est tel un courant électrique. Une musique dans l’instant,  « sans solos interminables, le type de chanson à la Beck ou à la Hendrix,  où il faut s’exercer pendant 20 ans pour pouvoir jouer le morceau »  dixit Johny Ramone.

«  La première fois que j’ai vu les Ramones jouer, ils ont fait  16 chansons en 12 minutes, ou bien était-ce 12 chansons en 16 minutes… »
                                                                                                                                                                     Bob Gruen Photograph


Tamas Erdelyi, alias Tommy Ramone, le reconnait volontiers,  les Ramones veulent un résultat immédiat, « pas de temps à perdre les gens attendent. »


 Johny Ramone créé le son Ramones, pas de solos, des riffs rapides, étourdissants, tout en barrés :


« Le truc avec Johny est que, puisqu’il n’allait pas vers la virtuosité traditionnelle, il a développé sa propre virtuosité, et cette virtuosité était de gratter les cordes vers le bas très rapidement. »      T Erdelyi.


Les Ramones veulent éviter la musique guimauve « bubble gum » et jettent dans leurs chansons leurs sentiments de mal être, d’insécurité, de raz le bol du chaos, d’agacement. Ce sont plus des idées imprécises, du domaine du ressenti qui sont exprimées plutôt que des attaques ciblées contre le gouvernement ou les institutions à la différence de ce que font les groupes Londoniens comme les Clash.


Les Ramones enregistrent leur premier album dans un studio du Radio City Music Hall. Le single "Blitzkrieg Bop " (blitzkrieg: guerre éclair)  contient l’emblématique cri de ralliement des Ramones « Hey! Ho! Lets Go! »


Les Sex Pistols :
Le lancement des Sex Pistols remonte à 1975.  Les membres fondateurs du groupe sont alors à la recherche d’un chanteur. John Lydon, alias Johny Rotten, se fait repérer par Steve Jones, un des membres fondateurs, alors qu’il est de passage au « Sex ». Le Sex est une boutique fétichiste de Malcom McLaren, manager new-yorkais émigré à Londres en 1971. Lydon auditionne sur place en singeant Alice Cooper sur la musique du jukebox. Il porte un T-Shirt portant l’inscription « I hate Pink Floyd », ses cheveux sont teints en vert, il est incapable de chanter mais il aime ça et y met ses tripes. Chance ou non, les membres du groupe lui trouve un truc et le prennent dans la formation.  Le surnom Rotten - pourri - lui est donné en regard de l’état de ses dents.


Pour l’histoire, le « I hate Pink Floyd » était plus une provocation ; Lydon le reconnait, il était plutôt fan des Floyds.


Les Pistols placent leur QG à Danemark Street, dans un quartier tendance de Londres. Ils se perfectionnent sur des reprises de classiques rock tels «Substitute » des Who. 


En 1976, ils font leurs premiers concerts, qui ressemblent plus à des séances de confrontation avec le publique, où ils jouent sous les huées et apprennent à occuper la scène. Il reste aux Pistols à écrire leurs premiers titres et à trouver leur style. Dans ce but, leur manager, McLaren, leur présente le groupe new yorkais Television.


Television :
Television, est formé par Tom Verlaine et Richard Lloyd. Les groupe se fixe pour objectif de faire des chansons « physiques, jouées fort et intenses » faites de dissonances, d’arpèges joués à l’envers, quitte à les rendre déplaisantes à écouter. Mc Laren a été marqué par l’allure de Lloyd avec ses vêtements en morceaux, ses lunettes noires et ses leurs cheveux coupés courts. Il y voit un style pour les Pistols.


Patti Smith :
La chanteuse new yorkaise Patti Smith est l’autre influence marquante de 1976.  Le groupe est remarquable par la qualité des textes et surtout par le talent d’interprète de la chanteuse à la fois rockeuse, rappeuse - en son temps - et poétesse.


Le premier album de Patti Smith est enregistré dans aux studios de Greenwich Village immortalisé par l’album Electric Lady Land de Jimmy Hendrix. John Cale de Velvet Underground produit le disque. 


Sur l’album, le groupe Patti Smith reprend le classique des 60ies de Van Morrison, « Gloria ». Leur version Punk s’ouvre et se clôture sur les mots célèbres de Smith "Jesus died for somebody's sins ... but not mine." représentation parfaite de l’esprit Punk du moment.


La chanson "Horses", cœur de l’album, se joue juste sur trois accords, sortes de pulsations très malléables permettant de modifier le rythme à loisir et de faire voyager la chanson ou bon semble au musiciens.


La couverture de l’album est inhabituelle pour l’époque. Il montre une Patti Smith androgyne, très mince, habillée en homme.


L’attitude Punk de Patti Smith, sa façon de dire les mots et sa passion sont une révélation pour les groupes anglais. En Mai 1976, le groupe est à Londres pour enregistrer une session live pour  la BBC. Il joue au Roundhouse à guichet fermé deux jours de suite. Le groupe passe voir les Sex Pistols dans leur repère du Club100. Johny Rotten les y reçoit vertement en les qualifiant d’emblé de hippies avec leur chanson « Horses ». 

Le fait est que les groupes anglais se démarquent vite des groupes U.S. Les anglais sont plus jeunes, ont moins de théorie artistique, ils développent une véritable rage des classes.    


Eté 1976, Explosion des groupes anglais :


Les Sex Pistols, vont au studio de Granada TV à Manchester, pour leur première apparition télévisuelle. Ils interprètent « Anarchy in the UK »  Les paroles sont l’expression brutale de la rage du jeune groupe et sont un choc pour l’audience.  « I am an antechrist, Iam an anarchist »  Cette fois, en passant par le petit écran, la musique du groupe ne vise plus l’univers restreint des clubs londoniens mais tous le pays.


1976 est l’année de l’explosion des groupes Punk en Angleterre. C’est le « U.K Summer of Punk ». Le Punk est fait avec des moyens minimalistes, par des débrouillards. Cette accessibilité de la musique favorise son développement. On voit apparaitre de nombreux groupes tels The Damned de Biran James qui partiront en tournés avec les Pistols.


D’autres musiciens débrouillards, The Buzzcocks réalisent leur premier album pour 500 £ pas plus, et enregistrent en une demi-heure. Le solo de guitare du titre « Boredom » est on ne peut plus minimaliste et Punk, deux notes jouées en boucles! La vitesse de production des Buzzcock prend écho dans ce que font les Ramones de l’autre côté de l’atlantique.


Les Clash
eux aussi prennent leur inspiration musicale dans les Ramones, mais apportent un autre degré dans le contenu du texte. Ils font un punk de protestation, marqué par une conscience politique. Leurs chansons sont celles du vécu. Ils écrivent  « White Riots » après que l’un des membres du groupe se soit fait matraquer par les forces de l’ordre au Carnaval de Notting Hill.


La fin des Pistols

Décembre 1976, les Sex Pistols sont invités à l’émission Today sur la Thames Television. Les dernières secondes de l’émission approchant, l’interviewer les pousse dans leurs retranchements en leur demandant de dire des grossièretés. Steve Jones, en réponses le qualifie ainsi : "you dirty fucker . . . what a dirty fucking bastard". L’émission bien que diffusée régionalement fait la une de la presse pendant plusieurs jours et est un désastre pour la popularité du groupe. 

La tournée en Angleterre que les Sex Pistols doivent faire avec les Clash est désormais compromise, et, face à l’opposition de la population le nombre de dates se réduit à une poignée.


En 1977, Glen Matlock quitte le groupe. Il est remplacé par Sid Vicious. Ce dernier bien que très bon sur les photos, est incapable de jouer live. C’est la fin des concerts du groupe.


Never Mind the Bollocks, Here's the Sex Pistols” est enregistré de Mars à Juin 1977. Glen Matlock vient jouer les partitions de basse pour combler les lacunes de Sid Vicious qui heureusement, est absent une bonne partie du temps pour cause d’hépatite. Le reste du temps on s’arrange pour noyer son instrument dans le fond sonore.


Le 22 mai 1977 « God Save the Queen » est le dernier single du groupe à sortir, à grands renforts de marketing. Bien que non adressé à la reine directement mais plutôt à toute la déférence accordée à la royauté, le groupe se met tout le pays à dos, les radios boycottent le titre.


En 1978, les Pistols poursuivis par à leur problèmes sans fin en Angleterre, tentent l’aventure américaine, mais ce sont les U.S qui auront raison d’eux. Vicious, accro à l’héroïne est pris dans diverses histoires de bagarres. Son comportement dégoute le groupe. Rotten est atteint de la grippe et a du mal à tenir le rythme sur scène. Le 14 janvier 1978, ils jouent à San Fransisco pour la dernière fois. Ils reprennent « No Fun » des Stooges à la demande du public. Ce « No Fun » est à prendre au sens propre pour le groupe qui est au bord de la rupture.


« That’s no fun, no fun at all » lance un Lydon blasé, au public américain.


Après la séparation du groupe, Johny Rotten ayant repris le nom de John Lydon continu sa carrière avec son nouveau groupe, Public Image Ltd – PiL – avec lequel il explore d’autre univers musicaux, voir le titre « Poptones ».


Evolution du Punk:

Septembre 1978, Du côté des Buzzcocks, Pete Shelley donne une nouvelle orientation au groupe après le départ d’Howard Devoto. Il met l’accent sur la mélodie et écrit le parfait tube pop loin des standards punk du moment. « Ever Fallen In Love ».


Les Clash eux cherchent de nouvelles sources d’inspirations. Ils conservent leur message politique mais habillent leurs mélodies de tonalités reggae et rockabilly. A travers leur album « London Calling », ils prouvent que Punk peut sortir des ses clichés et s’ouvrir à d’autres influences voir devenir « main stream ».


La prochaine partie de 7 Ages of Rock traite du Heavy Metal.

Par flatfab - Publié dans : The Seven Ages of Rock Part3
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Samedi 11 août 2007

Episode2:
Présentation.
Cette seconde ère du rock est une période d’expérimentation. Le rock est devenu théâtral, conceptuel et épique.


Pink Floyd, les débuts:

En 1967, le rock subit une révolution. EMI signe Pink Floyd.  Le groupe va se caractériser par ses albums concepts, son goût pour l’expérimentation, ses concerts immenses et son choix de textes philosophiques ou poétiques.


Leur premier titre ‘Arnold Layne’ parle d’un travesti voleur de sous-vêtements, ce qui n’était pas le choix le plus évident en termes de single.
Pink Floyd, dans sa formation initiale, se compose de Richard Wright, Nick Mason, Roger Water et Syd Barret un étudiant en art de Cambridge.  Syd Barret, est atteint de schizophrénie depuis toujours. Son addiction aux drogues et notamment au L.S.D ainsi que le stress de concert vont progressivement détériorer sa santé mentale. Barret est un personnage à part. Il sera à l’origine des premiers titres des Floyd marqués par des thèmes fantasmagoriques et va marquer de son emprunte les choix musicaux du groupe bien après son départ.


« J’étais amoureux fou de l’écriture de Syd Barret […] Il y avait quelque chose de Peter Pan en lui »
David Bowie


Leur deuxième single « See Emily Play », parle d’une jeune fille issue de l’aristocratie de l’époque et  surnommée l’écolière psychédélique.  Selon Peter Jenner, manager de Pink Floyd, c’est ce titre qui à définitivement mis les Floyd au centre des médias. A partir de ce moment, la pression est montée sur Barret qui s’est trouvé contraint à se justifier sur le contenu de ses textes et de sa musique.


La santé de Barret commence à se dégrader. Il accepte mal de voir le groupe devenir un phénomène commercial. Son aspiration est de retourner à la période expérimentale et underground du groupe. Il est ainsi à l’origine du morceau « Interstellar Overdrive », un titre atmosphérique, plein d’improvisations, tout longueur, sans paroles et passant par différents sections musicales. Le morceau devint un élément récurent des concerts du groupe avec des durées de jeu de 10 à 30 minutes selon que certaines sections sont ajoutées ou non.


Syd Barret accro au L.S.D se déconnecte complètement de la réalité. Il écrit « Jugband Blues » où il décrit le monde s’écroulant autour de lui. La décision est prise d’écarter Barret devenu complètement incapable de jouer. Le 15th Janvier 1968 il joue pour la dernière fois avec Pink Floyd. David Gilmour prend le relai.


The Velvet Underground:

The Velvet Underground (Lou Reed, John Cale, Sterling Morrison, Moe Tucker) lui aussi teste les limites du rock. Le groupe prend son inspiration dans la vie des bas fonds New Yorkais. « I’m Wainting for the Man »  parle d’un individu attendant son dealer. Les thèmes abordés sont propre à Lou Reed, les drogues dures, des thèmes sadomasochistes etc…


Le père du Pop Art, Andy Warhol vint voir le groupe au Café Bizar et séduit par le groupe, il invita les Velvet à répéter à son studio de Manhattan, The Factory. Il devint par la même occasion manager du groupe avec l’objectif de mélanger musique rock et art. Lors d’une conférence qu’il doit délivrer au diner annuel  de la société new-yorkaise pour la psychiatrie clinique au Monaco Hotel, il s’efface pour laisser jouer et faire connaitre son groupe. C’est le choc pour l’assemblée de psychiatres.


La pochette du premier album du groupe, sorti en 1967, devient culte. Il s’agit de la banane autocollante dessinée par Warhol, à côté de laquelle figure la mention « Peel Slowly and See » Pelez lentement et regardez… Sous la banane se trouve une banane rose d’apparence phallique.


Sous l’aile de Warhol, les Velvet sont désormais libres d’imposer les titres de leur choix aux producteurs. Leur musique se durcie, devient rêche et volontairement « anti beauté » dixit John Cale. Leurs concerts  deviennent des gigantesques shows multimédia où Warhol projette des vidéos sur le groupe en train de jouer, créant ainsi un spectacle mêlant son et images jamais vu alors.


Bowie, vers le glamrock:
David Bowie, est à la recherche du succès, ses premier albums ont plus une teinte de ballades légères et peinent à trouver un public. Il expérimente de nouveaux styles musicaux et artistiques,  incarne de nouveaux personnages, et petit à petit durcit sa musique.


En 1971, il rencontre Velvet Underground à New York. Fasciné par les Velvets et leur son, il décide de créer son groupe, Hype fournissant un rock plus incisif. Il reprend « I’m Waiting For The Man » des Velvet tout en cherchant à former un univers visuel différent sur scène. Son travail avec Hype annonce le futur personnage de Ziggy Stardust qu’il façonnera plus tard. Il s’agit du personnage le plus marquant de Bowie. Ziggy Stardust, dandy anglais décadent, rocker futuriste, aux cheveux teints et aux outrances vestimentaires est une fusion de différents personnages mais dans lequel on retrouve nettement l’influence de Syd Barret et du Velvet Underground. Il contribuera aussi largement à la naissance du Glamrock.


Bowie créé un album concept autour de Ziggy basé sur une vision apocalyptique du futur. « Five Years » parle de ce que l’humanité devient alors que la terre n’a plus que 5 ans à vivre. Avec Ziggy, Bowie a trouvé sa voix, il lui manque encore un hit, ce sera la chanson  « Starman ». Starman fait de Bowie une vedette. La Ziggymania est née.


Le 17 et 19 Aout 1972, au Rainbow theatre Londres, Bowie joue Ziggy Stardust. Pour cela il fait appel à son ancien professeur de dance des années 60, le chorégraphe et acteur Lindsay Kemp. Il met a profit toutes ses années d’expérimentations et met en scène un des plus ambitieux spectacle rock. Chant, danse, acrobaties, mimes fusionnent avec la musique rock.


Pink Floyd, l’après Barret:
Pink Floyd, de son côté, est toujours en expérimentation. Le groupe refuse les compromis. Leur album Meddle marque la transition du groupe de la période Barret teinté de psychédélisme et de fantasmagorie vers un rock dépeignant les difficultés de la vie moderne. Le groupe a trouvé enfin trouvé sa signature, celle d’un groupe de rock progressif (suite de plusieurs sections musicales complexes). Le titre « Echoes » d’une durée de 23 minutes devient un classique de leurs concerts. Le groupe tournera d’ailleurs une vidéo, dans un amphithéâtre romain à Pompéi, sans aucun publique. Le film sortira en salle pour devenir « le summum du son progressif planant » Wikipédia.


L’album suivant Dark Side of The Moon développe le concept de Meddle. De longs morceaux invitant au voyage.  Dark Side of The Moon  avec ses paroles abordant les pressions du  monde moderne et  la difficulté de s’épanouir en  tant qu’être humain  touche tout le monde et devient un standard du rock. Même si les différents titres de l’album abordent des thèmes tels la guerre, la mort, l’argent  (Money)et la vieillesse (Time), le sujet principal reste la folie (Brain Damage). « Lunacy » aborde ce thème et fait écho au départ de Syd Barret. Dark Side of The Moon se vend à des millions d’exemplaire et fait de Pink Floyd un groupe mondialement reconnu.


C’est le début des concerts immenses pour Pink Floyd. Un écran géant diffuse des images illustrant les concepts de l’album. Tout est fait pour renforcer le show, avion s’écrasant sur la scène, marionnettes géantes, jeux de lumières, explosions. Tout une série d’effets qui participent à mettent le groupe en retrait sur scène.



Roxy Music, glamour et pop:

Le single « Virginia Plain » de Roxy Music est le hit du début des années 70. Roxy Music, est un pur fruit de l’école d’art. Son chanteur et parolier, Brian Ferry, a fait ses études d’art à New Castle et a étudié le Pop Art d’Andy Warhol. Pour Roxy, le rock est à la fois une affaire de musique et d’image. Roxy Music s’attache à développer cet aspect théâtral et visuel en plus de la musique.  A l’été 1972, le groupe sort son premier album, simplement intitulé Roxy Music et dont la pochette figue une pin-up des années 50. L’album est un mélange de sonorités futuristes et rétro des années 50, mêlant ar exemple, le son du saxophone à celui du synthétiseur. Le titre « Ladytron » utilise le synthétiseur pour fournir un morceau glamour aux sonorités extraterrestres.
Le succès de l’album est énorme et la critique est élogieuse. L’une des raisons du succès de Roxy, est son côté pop, glamour et décadent à la fois.


Genesis période Peter Gabriel:
Peter Gabriel et son groupe Genesis, à leur façon construit un imaginaire fort, dans la tradition de Syd Barret. Il développe cette idée d’une petite vie anglaise tranquille devenue soudain fantasmagorique. A l’instar de  Pink Floyd, Genesis doit se réinventer face au succès rapide. Sur scène, Peter Gabriel fait preuve d’une théâtralité exubérante, il raconte des histoires en introduction des morceaux. Lors d’une date de concert, il monte sur scène, vêtu d’une robe rouge et d’un masque de renard et fait tout le show ainsi déguisé. L’idée se développera et donnera place à l’album Foxtrot. Un album dans la tradition théâtrale rock du moment. Genesis utilise massivement costumes et décors un peu comme le faisait Bowie.


Roger Waters à la tête de Pink Floyd:

Roger Waters, devenu l’unique parolier de Pink Floyd, excédé par la foule hurlant pendant les concerts, décide de mettre en scène cette idée d’aliénation du groupe vis-à-vis du public. Sur la tournée de The Wall en 1975, il imagine le concept d’un mur géant construit autour du groupe, au fur et à mesure du déroulement du concert. Le mur isole totalement les Floyds du public. Une vidéo est ensuite projetée sur mur pour en faire un immense écran de cinéma. Le caricaturiste Gerald Scarfe est chargé de faire toute l’animation diffusée pendant le concert. Le mur est détruit à la fin du show pour être reconstruit le jour suivant. Devant le coût prohibitif de la mise en scène, le spectacle n’aura lieu que dans 4 villes. Le gigantisme du spectacle est tel que l’idée d’aliénation du groupe en est presque dépassée, le groupe est déconnecté, au sens propre, du public sur scène.


L’épisode suivant décrit la 3ème ère du rock. Une période marquée par un retour à son très minimaliste, un rock fait dans l’instant sans théâtralité, une musique de révolte, le Punk. 

Par flatfab - Publié dans : The Seven Ages of Rock Part2
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Samedi 11 août 2007

Les 50ies, années oubliées.
La BBC a choisi le parti de faire abstraction des 50ies et de toute la période « pre-rock’n’roll » américaine. Peut être est-ce-du au fait que le rock est alors encore difficilement distinguable du rhythm’n’blues. Le terme rockabilly designe dans les 50ies, un croisement entre rhythm’n’blues et musique country, dont Elvis Prestley et Bill Halley sont les représentants. Le mouvement rock va s’essouffler à la fin des années 50 aux U.S. et BBC, chaine anglaise, a bizarrement choisit de commencer dans le années 60. Ce qui laisse bon nombre d’artistes rock américains sur la touche, Buddy Holly, Chuck Berry, Gene Vincent etc… 

BuddyVincentBerryHalley.jpg De gauche à droite: Buddy Holly, Gene Vincent, Chuck Berry, Bill Halley


 
BUDDY HOLLY & the Crickets:Peggy Sue

Episode1:
Présentation.

Les sixties sont donc présentés par la BBC comme la période de la naissance véritable du rock. Le moment ou cette musique s’est démarquée de ses racines blues et folk. Jimmy Hendrix fut l’un des principaux instigateurs de cette révolution. Le documentaire prend le parti de suivre son parcours.
Hendrix, ex-guitariste de blues, guitariste gaucher autodidacte jouant sur une guitare de droitier reversée, a complètement redéfini le son de la guitare. Il a forgé, avec ses contemporains le son rock tel que nous le connaissons. L’autoproclamé « Voodoo Child » enfant vaudou, a marqué tout le rock des années 60. L’un des intervenants du documentaire « the 7 ages of rock » a cette belle expression « on entend l’assassinat de Martin Luther King dans la musique de Hendrix, on entend les bombes tombant sur le Vietnam et résonnant dans les têtes d’une génération entière sous L.S.D, dans sa musique ». Hendrix deviendra lui-même une victime du côté sombre des 60ies. Son décès marquera symboliquement la fin de cette première ère du rock.


Un musicien de génie:

Né à Seattle en 42,  Jimmy Hendrix commence la  guitare à 12 ans et apprend le blues. Pour échapper à une peine de prison pour avoir conduit une Cadillac volée, il s’engage dans l’armée. C’est à cette période qu’il découvre le rhythm’n’blues sur guitare électriques dont les figures de proue du moment sont  B.B. King ou encore Muddy Waters. En 1962, il doit quitter l’armée après que l’on eut découvert qu’il dormait avec sa guitare. Le jeune Hendrix devient musicien de rhythm’n’blues et écume les routes du réseau musical black américain de RnB. Un univers méconnu des blancs à cette époque. Il devient musicien pour de nombreux artistes tels Ike Turner et Little Richard « Tutti Frutti, Lucy ». C’est en accompagnant  de ce même Little Richard que Hendrix décide de prendre confiance en lui et de faire à la guitare ce que Richard fait en chantant : une véritable explosion musicale. 


Little Richard s'exprimant au sujet de Jimmy Hendrix dans un documentaire des années 70.


L’explosion des groupes anglais
Au même moment, de jeunes groupes de musiciens blancs émergent en Angleterre. A l’instar des Rolling Stones « Little Red Roosters », fondé  1962 et dont le nom vient d’une chanson de Muddy Waters, ils s’inspirent à leur façon du Blues.  Typiquement, « Satisfaction »  des Stones, reprend  une mélodie blues accélérée et jouée à la guitare électrique.

Hendrix se rend à New York où il y découvre, dans les boutiques d’import, les disques de ces groupes anglais tels Yardbirds « Under Sideways Down ». Ces groupes distillent une musique nouvelle, un nouveau son, utilisent des effets de feedback et distorsion, que Hendrix lui-même est en train d’expérimenter de son côté. Eric Clapton et  Jeff Beck sont les artistes qui fascinent le plus Hendrix. Mais un autre artiste aura une influence cruciale sur Hendrix, il s’agit de Bob Dylan.
De séjour à Harlem, il découvre l’album Blowing in the Wind  de Dylan « Subbterranean Homesick Blues », « Like a Rolling Stone ». C’est la révélation. Hendrix se posait des questions sur sa capacité à chanter. Mais devant le succès de Dylan, sans rapport avec ses qualités vocales, il comprend que tout le monde peut chanter et tenir le devant de la scène à condition de complètement s’impliquer.

Hendrix1.JPG
De gauche à droite, la tenue de guitare particulère de Hendrix et Hendrix photographié avec son album de Bob Dylan


Les Who sont également un des groupes incontournables de cette période. Leur rock est très énergique, il va plus dans la démonstration, dans la rébellion. Alors que les Stones jouent encore assis sur des tabourets les Who cassent leurs guitares sur scène. Quand plus tard, Hendrix brulera sa guitare à Monterey, il aura certainement été inspiré par les démonstrations destructrices des Who. (Ci dessous Les Who jouat My Generation)


Hendrix révélé:

Mi-1966, Hendrix joue au Café Wha à Greenwich Village. Ses talents de guitariste se font remarquer. Chas Chandler le bassiste des Animals remarque Hendrix. A cette période les Animals recherchent quelqu’un pour faire une reprise de Hey Joe et c’est précisément cette chanson que Hendrix joue au Café. Chandler l’invitent à Londres. Hendrix accepte à l’unique condition d’y rencontrer Beck et Clapton.

Septembre 1966, lorsqu’Hendrix arrive à Londres, Cream - Eric Clapton, Jack Bruce, Ginger Baker - est le groupe du moment. Composés de musiciens de renom, le groupe de fait une spécialité de faire des improvisations et de jouer des morceaux de plusieurs dizaines de minutes. Clapton et son groupe sont le summum des musiciens du moment et c’est  avec ces musiciens que Hendrix va demander de jouer. Il joue « Killing Floor » avec les dents, avec la guitare dans le dos, multiplie les effets, tremolos, feedback… Clapton est bluffé, ses mains en tremblent,  le maitre a trouvé son maitre.


Roger Daltrey des Who était sur place ce jour là également et lui non plus n’en est pas revenu. Jeff Beck guitariste des Yardbirds fut lui aussi bluffé par les prouesses de Hendrix, par son explosivité et le côté imprévisible de son jeu. Il reconnait lui-même dans le documentaire être incapable de faire de ce qu’Hendrix fit lors de son arrivé à Londres.


 « Jouer la ligne de basse en picking avec le pousse, la mélodie avec le petit doigt, le rythme avec les autre doigts.  Un groupe entier sur une guitare. »
Heither Altham journaliste.


Chas Chandler présente deux musiciens à Jimmy Hendrix, Noel Redding bassiste et Mitch Mitchell, batteur. C’est le début du Jimmy Hendrix Experience. En Décembre 1966, Hey Joe, joué, quelques mois avant, devant un petit groupe de personne, entre dans les charts anglais. C’est le point de départ de la carrière fulgurante d’Hendrix.


En 1967, Hendrix joue au « Summer of Love » en Angleterre, si le dandy psychédélique du « Flower Power »  est adoré en Grande Bretagne, il lui reste à se faire connaitre en  Amérique, ce qu’il fait au festival de Monterey.
Il joue là bas en même temps que les Who. Les deux groupes veulent passer en premier. Après tirage au sort, les Who sont les premiers à passer. Ils déchainent leur furie sur scène. D’après Pete Townshend - membre des Who - seul Hendrix était apte à tenir le niveau juste après.  Il reprend  « Like A Rolling Stone » de Dylan, avec sont inimitable jeu de guitare et assomme littéralement l’audience de Monterey.  Le deuxième moment marquant sera sont interprétation de Wild Thing, guitare dans le dos, sous les hurlements de la foule. Il terminera son show en brûlant sa guitare sur scène.


Les Beatles une influence majeur:

Mais Hendrix est toujours à la recherché d’une nouvelle source d’inspiration. Il la trouvera en 1967 dans le « Sergent Pepper Lonely Heart Club Band » des Beatles. Après une tournée en 1966 les Beatles se réfugient dans les studios d’EMI à Abbey Road. Dans un studio à la limite de l’obsolescence, ils développent un rock psychédélique des plus élaborés, fruit une véritable recherche sonore. Une parfaite représentation de l’époque.
 
« Des guitares sonnant comme des pianos, des pianos ressemblant à des guitares… » Geoff Emerich engineer.

Le lendemain de la sortie de Sergent Pepper, Hendrix annonce backstage à son groupe qu’ils vont démarrer leur concert en reprenant  Sergent Pepper… comble de l’audace certains membres de Beatles dans le public, BBC ne précise pas lesquels.  Hendrix au travers de Sergent Pepper découvre tout le potentiel de l’enregistrement en studio et en 1968 il commence l’enregistrement d’Electric Lady Land. Il y inclut et sublime « All Along the Watchover », une reprise, à nouveau, de Bob Dylan.


La fin d’un âge:

Mais l’année 1968 marque aussi le début de la chute d’Hendrix. Sous l’emprise de la drogue, il devient incapable de se concentrer sur sa musique, les séances d’enregistrement sont sans fin. Aout 1969, au festival de Woodstock, Hendrix fit l’histoire en jouant sa version de « The Star Spangled Banner »  l’hymne U.S devant une foule prise dans la boue. Il sort de scène épuisé. Sa dernière, apparition sera en Angleterre, pour un concert à l’île de Wight. Assommé par d’importantes doses de L.S.D, il sous performe. Le 18 Septembre 1970, après Jim Morrison et Janis Joplin, Jimmy Hendrix décède par overdose, dans sa chambre d’hôtel de Notting Hill. Il avait 27 ans. 


La société s’est durcit, les promesses du mouvement hippie se sont éteintes, les U.S s’embourbent au Vietnam, les soulèvements pour les droits civils font rage, en France les tensions politique sont omniprésentes. Les Stones ont bien sentit cette tendance vers une société plus noire et en réponse, ils ont su créer une musique plus dure, plus sombre « Gimme Shelter ». Les gens cherchent des messages cachés dans les chansons, les Stones leur livrent ce qu’ils cherchent sur un plateau « Sympathy for the Devil ». En Décembre 1969, au  festival d’Altamont, un des fans des Stones se fait poignarder à mort par un membre des Hell Angel le groupe alors en charge de la sécurité. Altamont devait offrir une réplique, 4 mois plus tard, du festival de Woodstock, mais à Altamont, l’esprit libre et pacifique des 60ies était bien mort. Une nouvelle ère du rock s’ouvre, vers un rock plus noir, plus conceptualisé, c’est le sujet du deuxième épisode de the 7 Ages of  Rock.




 
Jimmy Hendrix à Woodstock - Star Spangled Banner 

Par flatfab - Publié dans : The Seven Ages of Rock part1
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Samedi 11 août 2007

Cet article va servir d’introduction à une série de posts sur le thème de la musique rock. L’idée est de poster les articles au fur et à mesure, chacun sur un thème donné, puis de les étoffer par la suite en fonction des nouveaux documents qu’il me sera donné de consulter.

 

L’envie d’entamer cette écriture m’est venue suite au visionnage de l’excellent documentaire « The Seven Ages of Rock »  sur la BBC. Chaque partie du documentaire dure une heure et retrace un des sept âges du rock, à savoir :

 

  • Les 60ies, ou la naissance du rock. Les Beatles, les Rolling Stones, les Who, Cream et Bob Dylan en sont les principaux sujets mais le documentaire prend, avant tout, le parti de suivre le parcours de Jimmy Hendrix sur cette période.

 

  • 1970 -75, marque l’arrivée d’un rock à dimension épique (Pink Floyd), glamour et stylisé (David Bowie/ Roxy Music) et surréel (Genesis avec Peter Gabriel). Chacun de ces groupes rivalisant d’ambition pour mêler théâtralité, psychédélisme et art à la musique rock.

 

  • 1975 -1980ies, ou l’âge du punk. De part et d’autre de l’Atlantique de jeunes groupes développent une musique moins conceptualisée, une musique brute, dans l’instant, une musique de rage. Ce sont entre autre les Ramones et Patti Smith à N.Y, les Sex Pistols et les Clash, à Londres.

 

  • 1975-85, la naissance du métal, avec autant de genres de métal qu’il y aura de groupes : Heavy Metal, Glam Metal, Hair Metal, Flash Metal avec dans le même ordre Ozzy Osbourne/Black Sabbath, Deep Prurple,  Judas Priest, Iron Maiden, Motley Crue, Metallica…

 

  • Depuis 1975, l’âge des « remplisseurs de stades». Ils ont écumé la planète, joué devant des millions de personnes,  Led Zeppelin, Dire Strait, Police, Bruce Springsteen, Queen, U2 …

 

  • 1985-95 ou l’âge des groupes alternatif. L’ère des groupes engagés et sans concessions avec, à Seattle, Nirvana (et le mouvement grunge) ainsi qu’ R.E.M, mais aussi Pixies, Sound Garden, Alice in Chain, Pearl Jam et Smashing Pumpkins.

 

  • Les 90ies avec des groupes Indie tels Oasis, Blur, Arctic Monkeys, Frandz Ferdinand (Documentaire pas encore visualisé)

 

La structure de base de ce blog reprendra ces sept parties. L’idée est d’offrir une retranscription, en français, des différents épisodes, auxquelles s’ajouterons diverses infos glanés ça et là, vidéos, photos, discographies des groupes etc. 

Par flatfab - Publié dans : Présentation
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